Aucun montant officiel n’a jamais été publié sur la rémunération de Karim Zéribi à CNews, qu’il a quittée le 25 août 2025 après 7 saisons entre C8 et CNews. La seule fourchette sourcée qui le concerne vient du Parisien, en septembre 2018 : 250 à 1 500 € par émission pour Balance ton post, sur C8. Sur CNews, les chroniqueurs qui ont donné leur propre cachet parlent de 200 à 250 € par émission dans L’Heure des Pros, de quoi retracer chaque chiffre et écarter les « 10 000 € par mois » qui circulent.
Combien gagne Karim Zéribi sur CNews ? Aucun montant officiel publié
Karim Zéribi n’a jamais fait partie de la rédaction de CNews. Il intervenait comme chroniqueur invité récurrent, un statut habituellement rémunéré à l’émission, même si son contrat n’a jamais été rendu public. Son parcours télé démarre en septembre 2018, à la sortie de 14 ans aux Grandes Gueules de RMC (2004-2018) : il rejoint en même temps Balance ton post sur C8 et Punchline, l’émission de Laurence Ferrari sur CNews. Il passe ensuite par L’Heure des Pros de Pascal Praud, intègre Touche pas à mon poste fin novembre 2021 et présente même Balance ton post le 10 mars 2022, en remplacement d’Éric Naulleau.
Sa présence n’a pas été continue. En avril 2022, Mediapart le décrit « en retrait de CNews » après sa participation à un dîner de soutien à Emmanuel Macron, en pleine présidentielle. Le 25 août 2025, il annonce sur Instagram qu’il ne fera pas la rentrée dans le groupe Canal+, « après 7 années de collaboration ». Il remercie Serge Nadjar, directeur général de CNews, salue « la liberté de ton » et rappelle « une ligne éditoriale que je n’ai jamais partagée ». Aucune indemnité de départ ni aucun contrat n’a été rendu public. La question se pose donc au passé : combien gagnait-il, et sur quelle base peut-on l’estimer.

250 à 1 500 € par émission : d’où vient la seule fourchette
Tous les articles qui citent un chiffre pour Karim Zéribi reprennent la même information, publiée par Le Parisien en septembre 2018, à la veille du lancement de Balance ton post le vendredi 21 septembre 2018. Selon le quotidien, chaque chroniqueur de l’émission de Cyril Hanouna « sera rétribué entre 250 euros et 1 500 euros par émission selon sa notoriété ». Public, Purepeople, Morandini et Télé Star l’ont relayée entre le 21 et le 24 septembre 2018. Télé Star précise qu’il s’agit de montants bruts : 250 € pour les profils les moins connus, 1 500 € pour les plus exposés.
Trois limites encadrent ce chiffre. Il concerne C8, pas CNews. Il date de 2018. Et Zéribi figure dans la liste des chroniqueurs sans montant attribué.
Deux points de comparaison existent dans la même émission. L’Équipe a chiffré le cachet de Bernard Laporte à 1 000 € bruts par émission. En mars 2019, Télé 2 Semaines a établi que l’animateur Éric Naulleau touchait 1 800 € par émission, seul de la bande à avoir le statut d’animateur, et les chroniqueurs les moins expérimentés 500 €. Quand Zéribi a remplacé Naulleau en mars 2022, il a donc occupé ponctuellement le poste le mieux payé du plateau.
Le chiffre le plus repris sur Karim Zéribi ne parle pas de lui. Il décrit la grille d’une émission de C8 en 2018. Toute page qui affirme qu’il « touchait 1 500 € » ou « 250 € » prend une borne de cette grille et la lui attribue sans document.
Ce que touchent les chroniqueurs de CNews et C8 : les cachets déclarés
Pour rattacher la question à CNews, il faut passer par les chroniqueurs qui ont donné leur propre rémunération, publiquement et sous leur nom. Ces témoignages valent plus que les « révélations » anonymes : l’intéressé parle de son propre bulletin. Ils dessinent une grille nettement plus basse que celle de C8 pour les débats quotidiens.
Cachets par émission connus sur CNews et C8
- Laurent Joffrin — CNews, L’Heure des Pros — 200 €Franceinfo 2023
- Élisabeth Lévy — CNews, L’Heure des Pros — 250 €Jordan De Luxe 2023
- Grille Balance ton post (Karim Zéribi inclus, sans montant individuel) — C8 — 250 à 1 500 € brutsLe Parisien 2018Seule fourchette qui cite Karim Zéribi
- Christine Kelly — C8, TPMP — 300 à 400 €Programme-tv.net 2025
- Bernard Laporte — C8, BTP — 1 000 € brutsL’Équipe 2018
- Éric Naulleau (animateur) — C8, BTP — 1 800 €Télé 2 Semaines 2019
- Éric Zemmour — CNews, Face à l’info (avant 2021) — 2 000 à 3 000 € brutsTélé Star 2021
Montants par émission. Aucun montant individuel n’a été publié pour Karim Zéribi.
| Chroniqueur | Chaîne et émission | Montant par émission | Origine du chiffre |
|---|---|---|---|
| Laurent Joffrin | CNews, L’Heure des Pros | 200 € pour 1 h 30 | Lui-même, Franceinfo, 12/09/2023 |
| Élisabeth Lévy | CNews, L’Heure des Pros | 250 € | Elle-même, interview Jordan De Luxe, mars 2023 |
| Christine Kelly | C8, Touche pas à mon poste | 300 à 400 € | Programme-tv.net, 07/02/2025 |
| Chroniqueurs débutants | C8, Balance ton post | 250 à 500 € bruts | Le Parisien 2018, Télé 2 Semaines 2019 |
| Bernard Laporte | C8, Balance ton post | 1 000 € bruts | L’Équipe, 2018 |
| Éric Naulleau (animateur) | C8, Balance ton post | 1 800 € | Télé 2 Semaines, mars 2019 |
| Éric Zemmour (avant 2021) | CNews, Face à l’info | 2 000 à 3 000 € bruts | Télé Star, 14/10/2021 |
Le cas Zemmour est à part : Face à l’info était construit autour de lui, avec un statut de vedette que n’avait aucun autre intervenant. CNews n’a confirmé que l’arrêt de sa rémunération en septembre 2021, pas le montant. Karim Zéribi, lui, occupait la place du contradicteur dans Punchline et L’Heure des Pros, comme Joffrin et Lévy. Ancien député européen et visage connu depuis RMC, il pouvait prétendre à un cachet supérieur au plancher de 200-250 €, mais aucun chiffre ne le confirme.

Cachet ou facture : comment un chroniqueur de CNews est payé
Deux modes de paiement coexistent sur les plateaux, comme l’a relevé Télé 2 Semaines en 2019. Le cachet est un salaire versé à l’émission, soumis aux cotisations sociales : sur 1 000 € bruts, il reste près de 780 € nets après les 22 % de cotisations salariales. La facture passe par une société ou un statut d’indépendant : le montant affiché est hors taxes, et les charges sont payées ensuite par le chroniqueur. Le statut de Karim Zéribi n’a jamais été documenté.
Dans les deux cas, trois règles s’appliquent. Aucun minimum mensuel n’est garanti : une semaine sans plateau rapporte 0 €. Aucune exclusivité n’est imposée, ce qui permet de cumuler plusieurs chaînes, comme Zéribi l’a fait entre C8 et CNews de 2018 à 2025. Et l’été, quand les émissions de débat s’arrêtent ou tournent avec des remplaçants, les revenus chutent. C’est pourquoi aucun « salaire mensuel » de chroniqueur ne peut être affirmé sans connaître le nombre de passages.
Salaire de Karim Zéribi sur CNews : trois scénarios mensuels
Le nombre de ses passages mensuels n’a jamais été publié. Le seul calcul honnête croise les cachets connus avec trois rythmes de présence plausibles pour un chroniqueur récurrent, qui alterne plusieurs émissions sans être présent chaque jour.
| Cachet par émission | 4 passages par mois | 8 passages par mois | 12 passages par mois |
|---|---|---|---|
| 250 € (niveau Lévy, L’Heure des Pros) | 1 000 € | 2 000 € | 3 000 € |
| 500 € (milieu de grille C8) | 2 000 € | 4 000 € | 6 000 € |
| 1 000 € (niveau Laporte, BTP) | 4 000 € | 8 000 € | 12 000 € |
Ces montants sont bruts et ne tiennent pas compte des mois creux. Sur 10 mois de saison, un chroniqueur à 500 € présent deux fois par semaine encaisse 40 000 € bruts par an. Un rythme de 12 passages à 1 000 € suppose une présence quasi quotidienne au tarif d’une vedette, ce que rien ne documente pour Zéribi sur CNews.
Notre lecture : l’hypothèse la plus cohérente avec les cachets déclarés sur CNews place Karim Zéribi entre 2 000 et 4 000 € bruts par mois en saison pleine, C8 comprise aux périodes où il cumulait. Au-delà, il faudrait un contrat d’animateur, qu’il n’a eu que ponctuellement en 2022.

Pourquoi les « 10 000 € par mois » ne tiennent pas
Plusieurs sites affichent un salaire précis : 10 000 € par mois (umvie.com, août 2023, « certaines sources estiment »), 13 000 € par mois (salaire-mensuel.com), 120 000 € par an (fortunedestar.com, critiquedelacritique.fr). Aucun ne cite de document, de contrat ni de témoignage. L’arithmétique suffit à les écarter. 13 000 € par mois exigent 52 émissions à 250 €, soit deux plateaux par jour ouvré. Ou 9 émissions à 1 500 €, plafond de la grille C8 de 2018 que les cachets déclarés sur CNews n’approchent pas.
Le site croissance-mag.com, en février 2026, annonce 3 000 à 5 000 € par passage, 8 757 € par mois et un mandat de député européen « 2019-2024 ». Le Parlement européen indique pourtant un mandat du 16 mai 2012 au 2 mai 2014, et rien d’autre. Une page qui se trompe de cinq ans sur un mandat public vérifiable en un clic n’a aucune crédibilité sur un chiffre privé. Dernier piège : la vidéo « Karim Zéribi – 1 200 € par mois, vivre ou survivre ? » et l’extrait CNews de juillet 2022 sur les « salaires à 1 200 euros » portent sur le pouvoir d’achat des Français, pas sur sa paie.
Karim Zéribi et sa fortune : ce que disent les documents publics
Les « 2 à 4 millions d’euros » de fortune attribués à Karim Zéribi ne reposent sur aucune déclaration de patrimoine publiée. Les revenus vérifiables viennent de ses mandats. Député européen de mai 2012 à mai 2014, en remplacement de Vincent Peillon, dans le groupe Verts/ALE, il percevait l’indemnité parlementaire européenne : 7 956,87 € bruts par mois en 2012, près de 6 200 € nets après l’impôt de l’Union.
Sa déclaration d’intérêts financiers, déposée le 12 juillet 2012, est consultable sur la fiche du Parlement européen ; ce formulaire déclare des activités et des tranches de revenus, pas un patrimoine. La HATVP, créée en 2013, ne publie aucune déclaration de patrimoine à son nom.
À Marseille, conseiller municipal du 16 mars 2008 au 4 juillet 2020, il relevait du plafond légal des villes de plus de 100 000 habitants, 6 % de l’indice brut terminal, soit près de 230 € bruts par mois. Il a aussi présidé le conseil d’administration de la RTM de juin 2008 à mai 2014 et effectué plusieurs missions à la SNCF, dont la rémunération n’a jamais été publiée.
Le seul élément de patrimoine chiffré par une décision de justice vient de sa condamnation. L’affaire porte sur 50 000 € de subventions détournées via les associations Agir pour la citoyenneté et APC-Recrutement. Le 9 septembre 2020, le tribunal correctionnel de Marseille le condamne pour abus de confiance et abus de biens sociaux : 2 ans avec sursis et 50 000 € d’amende.
Le 17 novembre 2021, la cour d’appel d’Aix-en-Provence alourdit la peine : 3 ans avec sursis et 80 000 € d’amende. S’y ajoutent 5 ans de privation des droits civiques, 5 ans d’interdiction de gérer et la confiscation en valeur de son domicile marseillais à hauteur de 109 000 €. Il a annoncé un pourvoi en cassation. Ce qui est établi se résume ainsi : il est propriétaire de son logement à Marseille, et il a dû faire face à 189 000 € de sanctions financières cumulées en appel.
Repérer un faux salaire de chroniqueur télé en 5 questions
La méthode qui démonte les chiffres sur Karim Zéribi s’applique à n’importe quel salaire de chroniqueur, de Charlotte d’Ornellas à Sonia Mabrouk. D’autres enquêtes de ce type figurent dans la rubrique médias.
- Qui parle ? L’intéressé (Joffrin, Lévy), un média nommé (Le Parisien, Télé 2 Semaines) ou « certaines sources » ? Sans nom, le chiffre ne vaut rien.
- Quelle émission et quelle chaîne ? Un cachet de Balance ton post sur C8 ne s’applique pas à Punchline sur CNews.
- Quelle date ? Un chiffre de 2018 décrit une grille vieille de 7 ans, et C8 a cessé d’émettre sur la TNT le 28 février 2025.
- Brut, net ou facture ? Sur 1 000 €, l’écart entre brut et net atteint 220 € en cachet.
- Le calcul tombe-t-il juste ? Divisez le mensuel annoncé par le cachet connu : au-delà de 20 passages par mois, le chiffre est inventé.



